Sauvegarde


L'Association de Sauvegarde de la Villa Cavrois

C'est en 1990 que naît l'idée d'une association pour œuvrer à la sauvegarde de la Villa Cavrois. Celle-ci est déclarée officiellement en février 1991 avec comme objectifs :
- La sauvegarde et la promotion de la villa Cavrois et de son environnement
- La restauration dans leur intégrité des bâtiments et du parc
- L'ouverture au public du site restauré dans le cadre de visites, expositions et manifestations culturelles qui s'y tiendront



Quelques unes des plus prestigieuses figures de l'architecture contemporaine ont soutenu l'action de l'association :

Tadao Ando, Gae Aulenti, Léonardo Bénévolo, Oriol Bohigas, Mario Botta, Paul Chémétov, Giancarlo De Carlo, Christian Devillers, Norman Foster, Massimiliano Fuksas, Henry Gaudin, Herman Hertzberger, Coop Himmelblau, Steven Holl, Hans Hollein, Bernard Huet, Toyo Ito, Charles Jencks, Alexis Josic, Rob Krier, Yves Lion, Fumihiko Maki, Richard Meier, Frei Otto, Gustav Peichl, César Pelli, Dominique Perrault, Renzo Piano, Richard Rogers, Oswald Mathias Ungers, Aldo Van Eyck + et André Wogensky +.

Le comité de soutien était composé de : L'Association du Château de Dé, Maurice Culot, François Chaslin, Alain Decaux, Jacques Duquesne, Thérèse Gérard, Joëlle Pijaudier, Claude Piéplu, Gérard Monnier et Andrée Putmann.




Ci-dessous, le mardi 3 décembre 2013, Paul-Hervé Parsy (à gauche), administrateur de la Villa Cavrois et Jean-Pierre May (à droite), président de l'Association de Sauvegarde de la Villa Cavrois lors d'une manifestation de remerciements envers les bénévoles de l'association pour leur concours apporté à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine en septembre 2013 qui a permis d'accueillir 30 000 visiteurs. 


Paul-Hervé Parsy a chaleureusement félicité l'Association de Sauvegarde de la Villa Cavrois pour cette belle réussite, car sans elle ce patrimoine inestimable aurait été définitivement perdu.


Voir le site de l'ASVC
Association de Sauvegarde de le Villa Cavrois

L'acquisition


On sait qu'après le décès de madame Cavrois en 1986, la villa, alors en parfait état, a été vendue à une société dont l'objectif principal était de lotir le vaste parc. Délaissée par son propriétaire de l’époque, Jean-Pierre Willot, promoteur de la SARL Kennedy-Roussel, le ministère de la Culture la classe d’office au titre des monuments historiques en 1990.

Entre temps plusieurs projets de lotissements avaient vu le jour, l'un avec 6 tours, un autre avec 4 immeubles ...

Entre temps le vandalisme avait fait son œuvre. Laissée à l'abandon, non protégée, la dégradation laissait supposer un non retour en arrière et la possibilité pour le promoteur de réaliser ses projets.


Il fallait trouver un compromis entre le promoteur et l'État, tandis que l'Association pour la Sauvegarde de la Villa Cavrois (ASVC), à la demande  de la Direction Régionale des Affaire Culturelles (DRAC), réfléchissait à un projet de centre de connaissance et de valorisation de l'architecture.

Le 31 janvier 2001 une promesse de vente fut signée entre l'État et le promoteur, la société Kennedy-Roussel. Une enquête d'utilité publique fut diligentée pour la modification du Plan d'Occupation des Sols (POS) avec la détermination du périmètre réservé pour la villa.

Le 27 février 2001, la Communauté Urbaine de Lille (CUDL) a arrêté la modification du P.O.S : périmètre de la réserve au P.O.S. à 17 600 m2 au lieu de 32 000 m2. Le 3 mai 2001 le permis de lotir était accordé, et le 24 juillet 2001, la SARL Kennedy-Roussel vendait la villa à l’Etat.


Le promoteur pouvait alors faire son lotissement sur les 9 749 m2 de verger. Cinq maisons de grand standing de type R+2 étaient prévues.



A gauche la surface initiale de la villa avec le potager, le massif aux fleurs coupés. A droite la surface restante.

La restauration


1ère phase de restauration (2004-2006) menée par la Direction Régionale des Affaire Culturelles (DRAC).


Le ministère de la Culture et de la Communication, va consacrer 6,1 M€, via la DRAC du Nord Pas de Calais, propriétaire et maître d’ouvrage. Sous la surveillance de Monsieur Philippon, le Conservateur Régional des Monuments Historiques (DRAC), les travaux étant confiés à l’Architecte en Chef des Monuments Historiques Monsieur Goutal.


Les principales entreprises opérant sur le chantier étaient :
- La SRMH du groupe Rabot Dutilleul, pour les maçonneries, le béton armé et les déposes d’ouvrages en béton pour les lots 1, 2 et 3
- Les Métalliers Lorrains, pour les menuiseries, la vitrerie et les volets roulants pour le lot 4

- et la société Sorec étanchéité pour le lot 5.

Le programme des travaux dit “clos et couvert” : concernait « l’enveloppe extérieure » (la structure, les étanchéités, les menuiseries extérieures, les briquettes de parement…) ; ainsi que la restitution des volumes intérieurs d’origine modifiés par l’architecte Pierre Barbe. Il y eu trois tranches : le corps central, l'aile ouest puis l'aile est.



Terrasses ouest (2 mai 2005)





Corps central (18 septembre 2004 - 23 février 2006)

L’entreprise SRMH a débuté la restauration à partir de 2004 en groupement avec l’entreprise Rabot Dutilleul.
   

Vue du bâtiment avant restauration. Les parements sont très dégradés notamment sur le mirador central.


Villa Cavrois en 2006. Voici l’état de la restauration extérieure après dépose de l’échafaudage de l’aile Ouest. Les défis de la restauration ont été nombreux. L’entreprise SRMH a été chargée de restaurer les parements de briquettes jaunes, en respectant les dimensions et la colorimétrie d’origine. De nombreux travaux de mise au point ont été menés durant plusieurs mois pour re-créer les éléments conformes aux matériaux d’origine.

La Direction des travaux a été confiée à Michel Goutal, Architecte en Chef des Monuments Historiques. Ce dossier a nécessité une recherche minutieuse et une mise au point précise des détails techniques. Le Conservateur des Monuments Historiques Jacques Philippon s’est beaucoup investit dans les démarches scientifiques qui ont permis d’aboutir à un haut degré de qualité dans cette restauration d’un bâtiment exceptionnel de l’Architecture du XXe siècle.


Francis de Baselaire opère son choix parmi les échantillons de terre cuite. Trois types d’argile différentes rentrent dans la composition des briquettes.

La partie centrale de l’édifice avait subi de nombreuses dégradations consécutives au ruissellement de l’eau.


Dégradation des parements existants. De nombreux décollements ont été constatés une fois l’échafaudage mis en place.



Les travaux se sont donc dans un premier temps focalisés sur la partie centrale.


Juin 2004 tranche ferme. L’échafaudage et le parapluie sont montés sur la partie centrale. Les structures d’allèges ont été démontées avec soin pour faire place à de nouveaux voiles en béton.


Grignottage des voiles en béton désorganisé. Utilisation d’une pince hydraulique. Action destructive sans vibration. La structure des voiles du mirador ne pouvait pas être sauvée


Démontage des bétons dégradés. Les acrotères ont beaucoup soufferts des infiltrations d’eau. Les bétons sont grignotés à la pince hygraulique.

Plus d’une trentaine de modèles de briques ont été utilisés par Mallet-Stevens. La dimension de la brique détermine toutes les cotations extérieures de l’édifice aussi bien en longueur qu’en hauteur.


Contrôle de qualité sur les parements du mirador. Christophe, le Chef d’équipe, contrôle avec l’Architecte la mise en place des briquettes courbes sur les nouveaux voiles en béton.

L’intégration des nouveaux matériaux au sein de ceux d’origine est une réussite. L’harmonisation d’ensemble est subtile et respecte le monument jusque dans ces plus petits détails.


Photo du Mirador après la restauration des parements et de la structure. L’échafaudage sur la partie Ouest est démonté, les parements ont été réparés et nettoyés sur la partie centrale et gauche du bâtiment.




Après deux tranches de travaux, la Direction Régionale des Affaires Culturelles, Maître d’Ouvrage a donné son accord pour lancer la troisième campagne de restauration sur l’aile Est. 


La salle à manger des parents le 2 mai 2005





Terrasses ouest et pergolas en béton (23 février 2006 - 15 septembre 2006)








Juste à côté de la pergola, la salle de jeux des enfants le 23 février 2006

Aile est (20 avril 2007)





Au niveau de l'aile est, la salle de bains des parents le 20 avril 2007


2ème phase de restauration (2007 – 2012) menée par le Centre des Monuments Nationaux (CMN)


Le 7 mai 2007, le CMN présente son programme de restauration et d’ouverture au public du monument, avec une ouverture prévue pour 2012.

Finalement la fin des travaux est programmée pour le 31 mars 2015 (c'est mieux que le 1er avril !) et l'inauguration devrait avoir lieu le 12 juin 2015.



Les deux dernières tranches de travaux (2013 - 2015)

Les deux dernières tranches de travaux ont finalement étaient réunies en une seule pour gagner du temps et diminuer les coûts. Dès la fermeture de la Villa à la fin de la quinzaine exceptionnelle des Journées du Patrimoine, les travaux ont repris. A la mi décembre on pouvait assister à l'installation d'une base de vie pour les ouvriers du chantier, à proximité du pavillon du gardien.
























































La restauration de la maison du gardien


L'entrée de la maison du gardien entourée de son échafaudage protecteur


Les anciens carreaux de faïence blanche sont encore présents par endroits



La pièce principale donnant sur l'ancien double garage et l'accès à l'étage


L'ancien double garage de la maison du gardien





Vue prise depuis le fond du garage 





Les anciens radiateurs en fonte et l'évier attendent d'être reposés




La petite pièce à la gauche de l'entrée






L'escalier d'accès à l'étage



Une pièce à l'étage donnant sur le parc



L'échafaudage extérieur de la maison du gardien


La salle principale de la maison du gardien qui accueillera le public d'ici quelques mois

Mais quel parcours pour en arriver là ...